Entretien avec COZIC

Extrait de Espace art actuel
Propos recueillis entre le 6 février et le 4 avril 2017.
Publié le 21 avril 2017
Duo formĂ© de Monic Brassard et Yvon Cozic, COZIC prĂ©sentait sa plus rĂ©cente exposition Ă La Maison de la culture de Longueuil du 1er octobre au 22 dĂ©cembre 2016. Ayant pour titre Un Ă©tonnant voyage, cette exposition souhaitait montrer un aperçu de votre parcours qui sâest dĂ©veloppĂ© depuis les annĂ©es soixante. Ă quoi pouvaient sâattendre les spectateurs ?
Cozic : En invitant COZIC Ă exposer, La Maison de la culture de Longueuil voulait rendre hommage Ă nos cinquante ans de crĂ©ation. Travail de coopĂ©ration complĂ©mentaire, au dĂ©but, qui lentement, Ă notre insu, a fait naĂźtre COZIC, artiste virtuel Ă la fois crĂ©ation, crĂ©ature et signature. Une intervention extĂ©rieure accueillait les visiteurs. Lâexposition se tenait dans trois salles. Dans une premiĂšre salle, nous avons remontĂ© une exposition de 1978, ayant pour titre RĂ©flexions sur une obsession, qui regroupe un ensemble dâĆuvres rĂ©alisĂ©es en relation formelle avec un origami redĂ©couvert en 1975 : la cocotte de papier. Ces dessins, peintures, sculptures sont un vĂ©ritable catalogue des techniques et des matĂ©riaux variĂ©s qui Ă©taient pertinents Ă cette Ă©poque et qui sont encore le ferment des crĂ©ations de COZIC. Dans la deuxiĂšme salle, Un Ă©tonnant voyage Ă©tait exposĂ©e avec une Ćuvre participative, Les orphelins de 1973, et rappelait au visiteur un aspect de notre travail, prĂ©sent depuis les annĂ©es soixante, concernant la manipulation des Ćuvres comme moyen de perception. Lâaccompagnaient cinq Ćuvres installĂ©es au sol et aux murs affirmant, dans une partie de leur confection, cette constance pour les matĂ©riaux et les techniques utilisĂ©es dans les Ćuvres de la premiĂšre salle. Les cinq Ćuvres de 2015-2016 qui sây trouvaient Ă©galement tĂ©moignent de notre intĂ©rĂȘt pour la nature et un questionnement sur ses mystĂšres. Dans la troisiĂšme salle, cozic en action prĂ©sentait en boucle trois vidĂ©os de performances : Le requin de la fine nuance et la souris tamponneuse (2004), Le lancer du mikado (2006) et Les onomatopĂ©es (2008). Le spectateur pouvait retrouver exposĂ©s les accessoires de chacune des performances. Les performances ont ponctuĂ© la carriĂšre de COZIC depuis les annĂ©es soixante-dix. Ces brefs Ă©vĂšnements artistiques sont devenus un rituel lors des vernissages. Nous avons utilisĂ© cette forme dâart pour inviter le public Ă vivre le moment prĂ©sent avec lâĆuvre et lâartiste. Au sortir des salles, une grande banniĂšre en papier de soie stratifiĂ© accompagnait le visiteur dans sa montĂ©e-descente dans la cage de lâescalier.
Comme « sculpteur », COZIC sâintĂ©resse Ă des matĂ©riaux de la culture populaire : papier, carton, tissu, peluche, bois, etc. Ainsi, COZIC crĂ©e des Ćuvres qui semblent refuser lâaspect sacrĂ© que lâart, parfois, tente dâinsuffler Ă des objets culturels. Vous souhaitez mĂȘme que les spectateurs touchent, manipulent vos Ćuvres, considĂ©rant que câest ainsi que lâexpĂ©rience esthĂ©tique sera complĂšte puisque plusieurs de vos Ćuvres ne sont pas rĂ©servĂ©es au seul sens de la vue. Cette attitude dâartiste participe dâun courant, dâun mouvement. Y a-t-il, de votre part, des influences artistiques qui vous ont marquĂ©s au dĂ©but de votre dĂ©marche ?
Opter, choisir dâutiliser des matĂ©riaux de la culture populaire pour la rĂ©alisation de nos Ćuvres nâest pas rĂ©cent, mais prĂ©sent depuis notre passage Ă lâĂ©cole des beaux-arts de MontrĂ©al au dĂ©but des annĂ©es soixante. Papier, carton, tissus variĂ©s, peluche, bois, plumes provoquent, par leur emploi, un questionnement, une curiositĂ© sur le dĂ©tournement de sens qui dĂ©coule de leur utilisation. Ce qui nous intĂ©resse, ce nâest pas leur provenance, mais ce quâils nous inspirent. Nous qualifions ces matĂ©riaux privilĂ©giĂ©s de nonânobles. Nous crĂ©ons entre ces matĂ©riaux des rencontres impossibles sans notre intervention, le rĂ©sultat : faire voir lâimprobable. Lâaspect sacrĂ©, prodiguĂ© Ă des objets culturels, leur est acquis parce quâils sont liĂ©s Ă une activitĂ© sacrĂ©e (ex. : considĂ©rer lâArt comme une religion). Par les matĂ©riaux que nous privilĂ©gions, nous interrogeons le travail du temps sur la matiĂšre, la pĂ©rennitĂ© des Ćuvres. Notre dĂ©tournement du conventionnel en pratique artistique reste une attitude fondamentale.
Pourquoi cette tyrannie de la vue, depuis des siĂšcles, pour accĂ©der Ă une apprĂ©ciation de lâĆuvre dâart ? De tous nos sens, la vue est le plus intellectuel, donc le mieux desservi par les mots. Il est Ă©tabli aujourdâhui que la vue nâest pas lâunique moyen pour percevoir le monde rĂ©el, nous lâapprĂ©hendons par tous nos sens. Nous avons utilisĂ© le toucher, dĂšs la fin des annĂ©es soixante, pour mettre le spectateur en situation dâĂȘtre un acteur. En prenant tactilement contact avec les matĂ©riaux, la peluche notamment, des souvenirs personnels, des sensations oubliĂ©es resurgissent et participent Ă la comprĂ©hension de lâĆuvre. De plus, en manipulant les matĂ©riaux que nous avons nous-mĂȘmes manipulĂ©s, le spectateur se rapproche du moment de la crĂ©ation. Le tactile est un jeu avec la matiĂšre. Toucher certifie ce que lâon voit.
Nous ne pensons pas ĂȘtre des artistes sous influence. Nous avons dĂ©couvert certains mouvements artistiques au moment oĂč nous exprimions, dans nos productions, une « arttitude »semblable. Le fait de vivre dans des systĂšmes sociĂ©taux similaires engendre des rĂ©actions similaires; il nâest donc pas surprenant que des recoupements ponctuels, dans leur production, se rencontrent chez des artistes nâayant aucun lien autre. Il nây a pas de gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e. Nous ne nous reconnaissons pas dâinfluences admiratives particuliĂšres qui auraient marquĂ© le dĂ©but de notre dĂ©marche. DĂ©marche qui a permis la lente mise au monde de COZIC.
Vous avez mentionnĂ©, plus haut, lâimportance des performances qui ont ponctuĂ© votre parcours artistique depuis les annĂ©es soixante-dix. Cette façon de faire, celle dâintĂ©grer une activitĂ© qui place COZIC en chair et en os au sein dâune Ćuvre, participe sans doute aussi de votre vision de lâart. Pourriez-vous nous en dire quelques mots ?
Ce que lâon appelle aujourdâhui performance serait une suite de ce que lâon appelait, dans les annĂ©es soixante, happening : actions spontanĂ©es, improvisĂ©es qui naissaient lors des rencontres entre artistes au public restreint. La performance est devenue pour nous une activitĂ© complĂ©mentaire aux expositions. Souvent faites lors du vernissage, elles donnent le ton Ă lâexposition, Ă©tablissent une atmosphĂšre qui met dans lâambiance et, ensuite, orientent la lecture des Ćuvres. Le fait de nous mettre en scĂšne Ă©tablit une connivence, une intimitĂ© avec le spectateur, lui permet de mieux nous connaĂźtre pour ensuite mieux nous retrouver Ă travers nos Ćuvres. La premiĂšre performance rĂ©pertoriĂ©e est Les 19 premiers jours de la vie dâEustache en 1972. Le soir de lâouverture de lâexposition, Eustache, petit cylindre de peluche bleu azur tapi dans un nid de vinyle bleu pĂąle suspendu aux quatre coins de la galerie, Ă©tait mis au monde et prĂ©sentĂ© au public. Ensuite, tous les trois jours, il doublait de volume pour atteindre les limites de la galerie et mourir dâasphyxie aprĂšs 19 jours. Le public Ă©tait ainsi invitĂ© Ă assister Ă sa transformation tous les trois jours. Une façon dâinciter les gens Ă visiter plusieurs fois une exposition puisquâĂ chaque fois, si ce nâest les Ćuvres qui changent, les personnes changent, et la perception est diffĂ©rente. Les 19 premiers jours de la vie dâEustache, câest en fait une performance qui a durĂ© 19 jours. De Eustache⊠à La souris tamponneuse et le requin de la fine nuance, en 2004, qui a durĂ© une minute, le temps est un Ă©lĂ©ment composant, et son but, toujours le mĂȘme, est de mobiliser lâattention du spectateur, de le retenir puisquâil semble que la moyenne de temps que passe une personne devant une Ćuvre, dans les musĂ©es, est de 13 secondes.
Lors de lâexposition dont il est question au dĂ©but de cet entretien, aucune rĂ©fĂ©rence nâest faite au projet qui vous a tenu en haleine pendant plusieurs annĂ©es, je veux parler de code Couronne. Ce projet qui repose sur lâidĂ©e de dĂ©coder la couleur des mots a dĂ©butĂ©, sauf erreur, en 2008, lors dâune exposition qui sâest tenue Ă Expression (Saint-Hyacinthe). Comment celui-ci, qui sâest poursuivi jusquâĂ tout rĂ©cemment, sâinsĂšre-t-il dans votre esthĂ©tique dâartiste ?
Enfants, nous utilisions des codes secrets pour communiquer entre amis. DĂšs le dĂ©but des annĂ©es soixante, les lettres apparaissent dans nos peintures et nos sculptures. Cette insertion lettriste continuera, par la suite, Ă figurer sporadiquement dans nos Ćuvres surtout pour la qualitĂ© graphique des lettres, ce qui nous a amenĂ©s Ă nous intĂ©resser aux diffĂ©rents codes (maritime, braille, morse, sĂ©maphore, entre autres) afin de rĂ©aliser des Ćuvres-signatures. Au dĂ©but des annĂ©es 2000, nous inventons un alphabet visuel et colorĂ© nommĂ© Code Couronne dâaprĂšs la forme de ses lettres. Cet alphabet nous permet de crĂ©er des peintures, des dessins, des sculptures en Ă©crivant des mots, des phrases qui, au-delĂ de leur forme plastique, peuvent ĂȘtre traduits et soit amenĂ©s Ă une nouvelle interprĂ©tation de lâĆuvre, soit en complĂ©ter le sens. La premiĂšre prĂ©sentation de ce Code Couronne fut faite lors de deux expositions en 2008 : Lire et Ă©crire la couleur, Ă la galerie Graff de MontrĂ©al, et LâArt câest faire du bruit en silence au centre dâexposition Expression de Saint-Hyacinthe. Chez Graff, lâexposition regroupait peintures, dessins, gravures, sculptures et de lâinstallation. Lors du vernissage, une premiĂšre expĂ©rience de sonorisation du Code Couronne fut exĂ©cutĂ©e. Ă Expression, 50 grands dessins traduisaient en Code Couronne des onomatopĂ©es associĂ©es Ă des titres de journaux sur diffĂ©rentes situations de la vie sociale. Le soir du vernissage, une performance jumelait lecture et mime de ces onomatopĂ©es. Depuis sa sonorisation, le code a Ă©voluĂ© vers une musicalisation plus complexe qui a dĂ©bouchĂ© sur des performances multidisciplinaires appelĂ©es Code Couronne en synesthĂ©sie. Ces performances regroupent le travail du musicien/informaticien Claude Frascadore, du poĂšte Jean-Paul Daoust et des projections en Code couronne animĂ©es par Nadja Cozic, le tout mis en scĂšne par COZIC, bien sĂ»r, et interprĂ©tĂ© au piano par Jonathan Nemtanu.
Le Code Couronne nâa pas fini sa trajectoire, il est riche de possibilitĂ©s; musicalement, il Ă©volue vers lâorchestration. Toute lâaventure du Code Couronne sâinscrit parfaitement dans notre dĂ©marche : lâidĂ©e du travail sĂ©riel, lâidĂ©e de sâadresser Ă plusieurs sens Ă la fois, de multiplier les disciplines au sein dâune mĂȘme Ćuvre et de recourir Ă la participation du regardeur.
Dans ce parcours dâune grande cohĂ©rence, en effet, il y a aussi La SociĂ©tĂ© Protectrice du Noble VĂ©gĂ©tal que vous avez fondĂ©e, au dĂ©but des annĂ©es soixante-dix, et qui semble lâoccasion, pour COZIC, de rassembler artistes et ami.es en vue de partager votre goĂ»t pour le jeu, et lâesprit du jeu. Ai-je raison ?
Nos premiĂšres incursions dans le cadre nature furent rĂ©alisĂ©es au dĂ©but des annĂ©es soixante-dix avec Corde Ă linge. Sur la corde Ă linge domestique, nous exposions une sĂ©rie colorĂ©e de bandelettes de papier de soie qui subissaient, jusquâĂ leur disparition, les effets du soleil, de la pluie et du vent. Cette rĂ©flexion sur la pĂ©rennitĂ© des Ćuvres reste constante depuis. LâexpĂ©rience des Cordes Ă linge fut reprise lors de notre participation Ă La Biennale des jeunes de Paris, en 1971, en tant que reprĂ©sentant du Canada, puis au Festival international dâart contemporain de Royan, en 1972, comme reprĂ©sentant du QuĂ©bec. Câest alors quâest nĂ©e La SociĂ©tĂ© Protectrice du Noble VĂ©gĂ©tal qui, dĂšs lors, chapeauta nos interventions dans et avec la nature (VĂȘtir ceux qui sont nus, Greffes implants et marquages, NĂ©o-NymphĂ©as, Le train ne siffle plus Ă cette intersection, entre autres). Ces actions, en attirant lâattention sur la protection de la nature, ne sont pas sans faire rĂ©fĂ©rence Ă lâhumain, ce noble vĂ©gĂ©tal, ce roseau pensant de Pascal, mis dans des situations, des contextes souvent ironiques, mais qui nâen appellent pas moins Ă la rĂ©flexion. Le titre de SociĂ©tĂ© Protectrice du Noble VĂ©gĂ©tal, et son rĂŽle de sponsor de certaines de nos interventions artistiques, est lui-mĂȘme un clin dâĆil Ă tout ce protocole, toutes ces permissions, tous ces appuis dont a souvent besoin lâartiste pour produire et qui, au-delĂ dâune aide, sont souvent une contrainte et mĂȘme une restriction Ă la libertĂ© de crĂ©ation. Il y a des limites partout, mais nous prĂ©fĂ©rons nous les imposer nous-mĂȘmes; tout ça, bien sĂ»r avec un certain sourire.
De plus, toujours sous lâĂ©gide de La SociĂ©tĂ© du Noble VĂ©gĂ©tal, deux Ă©vĂ©nements ont Ă©tĂ© organisĂ©s : Implants greffes et marquages, en 2004, et Un dimanche Ă la campagne en 2014. RĂ©alisĂ©s sur le terrain autour de lâatelier, ils furent lâoccasion, pour nous et une quinzaine dâartistes invitĂ©s, de rĂ©aliser des Ćuvres dans un contexte nature et une invitation ouverte au public Ă passer une journĂ©e Ă la campagne avec pique-nique, balades en forĂȘt, visite du travail des artistes, rĂ©cital de poĂ©sie sous les pommiers, interprĂ©tation de la botanique locale, etc⊠prĂ©texte de partager avec artistes et ami.es lâesprit « Cozicien ».
Lors de la parution du premier numĂ©ro de la revue ESPACE, en 1987, votre pratique Ă©tait dĂ©jĂ bien ancrĂ©e dans le paysage artistique quĂ©bĂ©cois. Par la suite, et aprĂšs de nombreux prix et distinctions, vous ĂȘtes toujours prĂ©sents, comme en fait foi cet entretien. Par ailleurs, depuis 2014, avec les numĂ©ros 107 et 108, la nouvelle direction de la revue a souhaitĂ© donner un nouveau souffle Ă sa mission Ă©ditoriale en entreprenant un dossier ayant pour thĂšme « re-penser la sculpture ? », comment situez-vous votre pratique par rapport Ă cette question ?
La sculpture se dĂ©finissait, jusquâĂ rĂ©cemment, comme une activitĂ© artistique consistant Ă concevoir et Ă rĂ©aliser des formes; en volume, en relief, en ronde-bosse (statuaire), en haut et en bas-relief, par modelage, par la taille directe, par soudure ou assemblage. Pour rĂ©aliser une sculpture, aujourdâhui, toutes ces techniques se conjuguent, se combinent entre elles. Comme dans toutes les autres expressions artistiques, nous avons assistĂ© Ă un dĂ©cloisonnement, Ă un Ă©clatement des frontiĂšres qui dĂ©finissaient si bien chacune des disciplines. Le mot sculpture semble dĂ©suet, insatisfaisant pour exprimer les nouvelles formes dâinscription dans lâespace. MusĂ©es, galeries, espaces publics; quel que soit lâendroit oĂč elle sâexprime, la performance, lâart in situ, lâinstallation ont imprĂ©gnĂ© la « sculpture » qui se fait plus théùtrale, plus spectacle. Les nouvelles technologies ont dĂ©jĂ et auront aussi leur influence. Bien sĂ»r, les techniques mentionnĂ©es au dĂ©but sont toujours reconnaissables, en particulier dans lâart public, Ă cause de la pĂ©rennitĂ© exigĂ©e des Ćuvres, mais la technique nâest plus un but en soi, mais un moyen; le but recherchĂ© semble plus ĂȘtre le spectaculaire, le divertissement.
Pour ce qui est de notre inscription en sculpture, il semble que, dĂšs le dĂ©part, il y a eu ambiguĂŻté : le nom de sculpture a Ă©tĂ© attribuĂ© Ă notre travail faute dâautre terme plus adĂ©quat; « objets Ă trois dimensions » aurait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© plus juste. DĂ©jĂ , Ă la fin des annĂ©es soixante, avec lâutilisation des matĂ©riaux non traditionnels, de la mise en scĂšne de nos expositions que lâon appelait alors environnement, de lâinvitation faite au public Ă manipuler les Ćuvres, nous Ă©tions dans cette mouvance qui a menĂ© Ă repenser la sculpture. Nous sommes toujours aussi Ă lâaise dans ce mouvement. On ne peut pas prĂ©voir et annoncer ce que sera la sculpture; seuls ceux et celles qui la font construisent progressivement son avenir.












Le trou noir, 2016. Photo : Alexandre Sergejewski