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Monographie COZIC

En 1998, lors de mon entrée en fonctions à Plein sud, une exposition à caractère rétrospectif consacrée à l’œuvre de Cozic, sous le commissariat de Jocelyne Connolly, était inscrite au programme et une publication allait accompagner l’événement1.

Non seulement me suis-je chargée de l’installation et de la tenue de l’exposition, mais j’ai aussi assumé la coordination de la publication, qui était presque achevée.

Je trouvais remarquable qu’un petit établissement comme Plein sud produise de tels livres d’art.

C’est une tradition qu’il m’a tenu à coeur de poursuivre.

Cependant, à l’époque, les reproductions en noir et blanc étaient de mise, la couleur étant encore trop coûteuse.

Et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à rêver d’un livre important sur Cozic, en couleur.

Plusieurs années plus tard, au début de 2015, l’occasion de proposer à Cozic de travailler activement à la production d’une monographie s’est présentée, et nous avons élaboré un ambitieux projet portant sur les cinquante dernières années de la carrière du duo.

Afin d’accroître la portée de cet ouvrage et sa diffusion, nous avons fait appel aux éditions du passage, qui, à notre grand bonheur, ont accepté sans hésitation notre proposition de coédition.

Je leur en suis très reconnaissante.

Accompagner Cozic dans le travail de compilation, de tri et de sélection des oeuvres produites au cours d’une aussi longue et prolifique carrière est une expérience privilégiée.

Rendre compte avec justesse d’un tel parcours au moyen d’images et de textes analytiques est certainement un défi de taille, et j’espère sincèrement que nous avons su le relever.

J’ai été particulièrement touchée par la confiance que Cozic m’a témoignée tout le long de ce mandat.

Ce fut un réel plaisir de travailler en étroite collaboration avec ces deux artistes et de construire ensemble cet ouvrage.

Au fil des ans et dans l’exercice de mes fonctions, j’ai eu l’occasion de côtoyer Cozic à maintes reprises et j’ai pu constater la grande générosité de ce duo d’artistes, non seulement envers le milieu, mais également envers Plein sud, et ce, à bien des égards.

Il me semblait juste de redonner un peu de ce que nous avions reçu, individuellement et collectivement.

Mais aussi, j’étais désireuse de pourvoir à ce qui, à mon avis, représentait un besoin au sein du milieu de l’art québécois.

Cette monographie vient réaffirmer le rôle marquant de Cozic dans l’histoire contemporaine de l’art québécois.

Plein sud demeure convaincu que le livre imprimé, et plus particulièrement la monographie d’artiste, est un moyen durable de transmission permettant d’accomplir une mission de diffusion de l’art québécois actuel et contemporain.

Ce défi, Plein sud n’a pas entrepris de le relever seul.

En plus de l’engagement soutenu de Cozic, je tiens également à signaler la qualité inestimable de l’apport de tous les collaborateurs.

Au premier titre, je remercie les auteurs.

Ils se sont appliqués à rendre compte avec soin des divers aspects de la production de Cozic, une entreprise considérable qui suppose temps et expertise.

Leurs textes, qui tiennent à la fois de l’exploration et de la synthèse, sont de puissants révélateurs.

Les incursions des quatre auteurs dans l’univers de Cozic nous offrent des clés fondamentales pour interpréter le travail du tandem.

À des lieues d’une simple nomenclature, au contraire les textes proposés sondent les périodes charnières de la carrière de Cozic, s’ajoutant les uns aux autres, à l’affût des caractéristiques distinctes d’une production multiforme et foisonnante et des axes communs qui la traversent.

Dans un premier temps, l’historien de l’art, enseignant et commissaire émérite Laurier Lacroix s’engage avec curiosité dans la symbiose du duo Cozic, remontant aux origines de cette collaboration et exposant ses modes de fonctionnement.

Son texte en saisit les racines et décrit les composantes tant matérielles qu’immatérielles de l’oeuvre, la confrontant à une perspective sociale de l’histoire de l’art.

Suit un texte de l’enseignante, commissaire et auteure Ariane De Blois, qui traite des enjeux théoriques dans lesquels se manifeste la volonté de transmission intimement liée aux pratiques de Cozic.

L’auteure fait ressortir les stratégies, à la fois attentives et inventives, qui misent sur les perceptions sensorielles et l’expérience du spectateur, sur des modes inédits de communication et de détournement des usages traditionnels d’accessibilité de l’art, ou qui s’élaborent en lien avec la nature, notamment dans diverses initiatives interactionnelles avec le monde naturel telles que la Société Protectrice du Noble Végétal.

Le chroniqueur et critique d’art Jérôme Delgado examine, quant à lui, l’oeuvre de Cozic dans la continuité : son choix d’évaluer les diverses variations de l’expérience créative, dont la fabrication de la cocotte se révèle emblématique, reflète le cheminement dans le traitement et l’utilisation des matériaux et de l’évolution des techniques, telles que le pliage, qui ont contribué à la mise en place de nombreux éléments constituant la vision artistique de Cozic.

Finalement, dans un texte qui ne manque pas de souligner le rapport aux mots particulier à Cozic, Gilles Lapointe, spécialiste des enjeux théoriques interdisciplinaires, porte un regard à la fois rétrospectif et prospectif sur les origines du Code Couronne et sur les ramifications potentielles de l’oeuvre, dont le vaste champ sémantique, à la croisée des disciplines artistiques, ouvre de nombreuses perspectives.

Je tiens à exprimer ma reconnaissance à nos principaux subventionneurs, le Conseil des arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts de Longueuil, ainsi qu’au cégep Édouard- Montpetit pour leur appui indéfectible.

Je remercie enfin tous nos collaborateurs de même que les éditions du passage et leurs partenaires, qui ont permis de concrétiser ce rêve, un rêve maintenant ancré dans la réalité.

1) Jocelyne Connolly, Cozic : architecturer l’informe. Fragments rétrospectifs 1967-1998,
Longueuil, Plein sud, 1998, 40 p. Dates d’exposition : du 20 août au 27 septembre 1998 à Plein sud, centre d’exposition et d’animation en art actuel à Longueuil, et du 6 août au 18 septembre 1998 au vieux presbytère et à l’église St. Mark à Longueuil.

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